6 principes pour un management éthique

D’après Gael Chatelain-Berry


L’éthique est actuellement au cœur de beaucoup de débats.

Au sens étymologique du terme, l'éthique est la science de la morale et des mœurs. C'est aussi une discipline philosophique qui réfléchit sur les finalités et les valeurs de l'existence, sur les conditions d'une vie heureuse, sur l’approche de la notion de « bien-être ». On a pu observer que les générations dites « entrantes » sont attentives à trouver du sens à leur travail.

L’éthique est un point auquel les citoyens sont très attachés, particulièrement dans leur environnement professionnel.

Le lien de confiance mutuel entre les managers et leurs équipes se construit et se renforce d’après le comportement observé des managers vis-à-vis de leurs équipes. On peut facilement identifier 6 principes qui permettent de mesurer le niveau d’éthique d’un manager…



1/ Respecter les règles que l’on impose aux autres

Ce n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît...

Tout le monde a déjà rencontré ce détestable manager qui ne supporte pas que l’on ait une minute de retard, mais qui lui n’arrive jamais sans au moins un retard de 15 minutes ?

Ou ce manager qui se permet de fumer dans son bureau en présence d’autres personnes, ne demandant pas l’autorisation bien entendu.

Respecter les règles, c’est bien sûr vrai pour les « grandes » règles (ne pas voler, mentir, tricher…) mais également les « petites », celles qui font que le vivre ensemble est plus agréable, au quotidien.

2/ Être transparent

Agir sans partager les raisons de son action n’a plus aucun sens aujourd’hui.

C’est non seulement anxiogène, mais c’est également le meilleur moyen de ne pas avoir l’adhésion de ses troupes. Un manager ne prend pas uniquement des décisions agréables, mais il doit mettre celles-ci dans une perspective plus globale : celle de l’entreprise et de sa stratégie à moyen et long terme. Il y a trop de managers qui pensent que leurs collaborateurs n’ont pas à connaitre les tenants et aboutissants de la stratégie parce qu’ils ne sont là que pour obéir...

Non seulement cela fait penser aux salariés que leur manager les prend pour des idiots, mais cela revient à se priver potentiellement d’une énergie créative qui ne demande souvent qu’à s’exprimer. Expliquer les raisons d’une décision, ce n’est perdre du pouvoir, mais plutôt en favoriser le respect.


3/ Être juste et équitable

On constate qu’un faible nombre de managers s’adressent à l’ensemble de leur équipe : la plupart ne s’adressent qu’aux collaborateurs avec lesquels ils ont le plus d’affinité…

Être éthique en management, c’est aussi ne pas faire de différence entre les individus et ne pas avoir au travail le même comportement que dans sa vie personnelle. Dans la vie de tous les jours, si on ne veut pas entendre ce que dit une personne, on peut décider de mettre fin à l’entretien et de partir.

Bien évidemment, cela n’est pas possible dans le monde de l’entreprise !

Être juste et équitable, bien sûr, c'est également refuser certaines réalités inacceptables comme l'inégalité des salaires hommes/femmes ou la discrimination à l'embauche en fonction du sexe, de l’âge, de la religion, de l'origine etc…

On entend certains managers dire qu'ils n'y peuvent rien, qu'ils sont victimes d'un système. C’est la marque d’un réel manque de courage.

Nous sommes tous responsables de ce que nous constatons et avons tous le pouvoir d'agir ou de déclencher de vrais débats.

4/ Être bienveillant

Il semble que l’éthique est indissociable de la bienveillance du fait que l’éthique a également pour objet le bien-être.

En fait, être bienveillant, c’est tout simplement chercher à comprendre les raisons d’un comportement avant de prendre une décision managériale. La bienveillance pour un manager, ce n’est pas être un béni oui-oui, mais se donner les moyens de prendre des décisions « justes et équitables ».

5/ Être honnête avec les autres et avec soi même

Ne pas se mentir est probablement plus difficile avec soi qu’avec les autres, c’est prendre suffisamment de recul pour pouvoir porter un regard sans concession sur ce que l’on fait et ce que l’on dit.

Savoir s’adapter, évoluer et ne faire absolument aucune concession avec nos défauts. Le simple fait d’en avoir conscience est le premier pas pour y remédier.


6/ Savoir donner du sens

Être un manager éthique, c’est également donner une direction, un objectif et expliquer les raisons de ces choix.

Beaucoup de managers ne comprennent pas que tous leurs équipiers, sans exception ont besoin de trouver un sens dans leur action par rapport à l’activité de l’entreprise dans laquelle ils travaillent.

Cette quête de sens devient centrale de plus en plus aujourd’hui et c’est aux managers et dirigeants de veiller à y apporter des réponses honnêtes et concrètes.


En conclusion, l’éthique en entreprise n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

Être éthique est le seul et unique moyen de pouvoir construire des stratégies sur le long terme en obtenant l’implication du plus grand nombre.

Il s’agit ici non pas de construire des réussites individuelles, mais bien de savoir comment construire une réussite collective !

Sans éthique, pas de réussite collective car, à un moment ou à un autre, la défiance de ceux censés suivre et appliquer les consignes devient trop forte et les équipes refusent de suivre les managers qu’ils ne respectent plus !

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